Victoire Tomégah-Dogbé veut gouverner autrement (Interview)

19 Oct 2020 471

Dans une interview exclusive accordée ce 19 octobre 2020 à Radio France Internationale (RFI), Victoire Tomegah-Dogbé, Premier ministre du Togo a présenté sa vision pour une gouvernance inclusive, efficace et efficiente au Togo.

Voici l’intégralité de cette interview exclusive au micro de Karine Franck.

Victoire Sidémého TOMEGAH-DOGBE Bonjour !

Bonjour Madame

A l’occasion de votre premier séminaire gouvernemental, vous annoncez gouverner autrement. Qu’est-ce que cela signifie ?

Gouverner autrement, cela veut dire que vous devrez travailler pour démontrer des résultats. Donc cela nécessite de la cohérence, de la discipline, de la rigueur. Vous savez qu’à la fin du séminaire, chaque ministre s’est engagé sur sa feuille de route sur laquelle il sera constamment suivi et évalué, sur laquelle il va rendre compte aux populations togolaises.

Gouverner autrement avec des femmes. Dix femmes sont ministres dans votre gouvernement avec des portefeuilles importants comme l’énergie ou la défense ?

Nous pensons que toute politique de développement doit mettre la femme au centre des préoccupations pour éviter l’échec. Vous connaissez l’histoire des Nana-Benz et toutes les braves femmes qui continuent de porter leurs familles. Et donc, le chef de l’Etat togolais a tout simplement décidé de faire confiance aux femmes, à leur leadership. C’est une volonté politique qui se concrétise.

On vous a entendu lors de votre Déclaration de Politique Générale insister sur le développement, la modernisation, et aussi sur le digital.

Vous savez aujourd’hui, il est important de rendre la vie beaucoup plus facile aux citoyens, il faut simplifier les procédures, donc pour nous le digital doit être au cœur de tout ce que nous faisons. D’ailleurs, la gestion de la Covid-19 nous a montré qu’aujourd’hui il faut absolument digitaliser nos processus, il faut digitaliser l’administration, et digitaliser l’économie de notre pays.

Mais les vrais problèmes du pays ne sont-ils pas ailleurs ? La crise politique n’est toujours pas réglée au Togo.

Aujourd’hui nous devons regarder devant, nous devons avancer, nous devons nous mettre au travail. Nous nous souhaitons vraiment qu’on s’en tienne à cela.

Les résultats de la dernière élection sont pourtant toujours contestés

La population togolaise, la communauté internationale ont été tous témoins du bon déroulement du processus électoral dans notre pays. Le Togo est un pays démocratique qui a des instruments de régulation et de suivi des processus électoraux. La Commission électorale nationale indépendante et la Cour Constitutionnelle ont déjà réglé cette question, et je me consacre aux défis économiques, sociaux et sanitaires. C’est ce qui nous préoccupe aujourd’hui.

Reste que Agbéyomé KODJO qui continue à réclamer sa victoire, se cache depuis plusieurs mois pour échapper à des poursuites judiciaires. Ces poursuites ne sont-elles pas engagées simplement pour le contraindre à s’éloigner pour le faire taire ?

Vous savez, pour nous c’est une affaire de la justice. Il faut laisser la justice faire son travail. Je pense que personne n’a poussé Agbéyomé KODJO à l’extérieur de notre pays. Et nous voulons vraiment rassurer les uns et les autres que ce qui est important pour nous aujourd’hui, c’est de travailler à répondre aux besoins sociaux des populations. Et nous n’avons pas du temps à perdre.

Et que répondez-vous à l’ANC de Jean-Pierre FABRE qui vient de lancer un appel au chef de l’Etat et au gouvernement pour la reprise de la présidentielle ? Cette page n’est manifestement pas tournée pour de nombreux Togolais.

Pour nous, elle est tournée. Je sais qu’au Togo, tout le monde a compris que cette page est tournée.  Il peut y avoir des gens qui ne sont pas contents, mais il faut se soumettre à cela sinon on ne s’en sortira jamais. Il faut se soumettre à cela, donc nous pensons réellement qu’il fait nous focaliser sur l’essentiel, c’est le développement. L’essentiel, c’est lutter contre la vulnérabilité dans notre pays, et nous allons travailler sur ça. Nous nous visons réellement sur ça Madame, je vous assure. Et puis les autres qui n’ont pas encore compris prendront le train en marche. Je suis sûre qu’ils prendront le train en marche.

Victoire TOMEGAH-DOGBE, merci

C’est moi qui vous remercie !

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