Sous l’autorité effective du Président du Conseil, SEM Faure Essozimna Gnassingbé, s’est tenu à Lomé, les 7 et 8 avril 2026, un séminaire gouvernemental qui s’est imposé comme un exercice de bilan et un moment de redevabilité publique. À l’heure de l’évaluation de la feuille de route 2020-2025, dont l’ambition était de structurer l’action gouvernementale autour de priorités stratégiques, l’exécutif a affiché une volonté de soumettre son action à une appréciation rigoureuse. Dans ce cadre, les travaux ont été placés sous le signe de « l’exigence » et de « la vérité », selon les termes du communiqué final. Cette orientation traduit un engagement constant du Président du Conseil en faveur d’une action publique davantage fondée sur des résultats tangibles.
Au cours des travaux, le gouvernement ne s’est pas limité à un simple état des lieux. Une lecture critique des performances a été engagée. Le communiqué souligne ainsi la nécessité de « porter un regard lucide sur les résultats obtenus », une formulation qui met en avant une logique de responsabilité. À travers cet exercice, l’exécutif reconnaît implicitement l’écart susceptible d’exister entre les ambitions initiales et leur traduction concrète. D’où la place accordée à la redevabilité comme principe structurant de l’action publique, même si son application demeure, à ce stade, encadrée.
Des performances reconnues, mais des limites identifiées
Le document officiel évoque des « avancées significatives » dans des secteurs tels que l’agriculture, l’énergie ou la santé, tout en insistant sur « l’impératif de renforcer l’efficacité dans la mise en œuvre des politiques publiques ». Une manière de reconnaître que les résultats, bien que réels, restent perfectibles. Le bilan affiche par ailleurs un taux global d’exécution de 68,79 % pour la période 2020-2025, une performance réalisée malgré les chocs de la COVID-19 et de la crise ukrainienne. Les échanges ont également mis en évidence certaines insuffisances, notamment dans le suivi des projets et la hiérarchisation des priorités.
Au-delà du constat, le séminaire appelle à une évolution des pratiques administratives. Il est notamment question d’« améliorer la lisibilité de l’action gouvernementale » et de « renforcer les dispositifs de suivi et d’évaluation ». Ces orientations traduisent la volonté d’inscrire durablement la performance et la redevabilité au cœur de la gouvernance publique.
Vers la Feuille de route 2026-2031
Cet exercice d’auto-évaluation stratégique sert de socle à l’élaboration de la prochaine feuille de route gouvernementale 2026-2031. Celle-ci sera articulée autour de trois axes fondateurs : Protéger, Rassembler et Transformer.
Pour garantir le succès de ce nouveau cycle, le gouvernement prône désormais une sélectivité accrue des priorités ainsi qu’une cohérence intersectorielle renforcée, afin de rompre avec les logiques de travail en silos. En plaçant l’évaluation des résultats au centre de son action, l’exécutif togolais affirme progressivement un mode de gouvernance où la légitimité se mesure aussi à la capacité de produire des résultats concrets et vérifiables.


